Ambitieux, le projet PARIS’CLICK l’est sans aucun doute ! Présenté comme une « quête constante d’absolu », il cherche à dépasser les normes artistiques en vigueur pour développer un Art libéré de toutes entraves. Tout un programme initié par la rencontre de deux artistes, Ophélia GRIMM et Jérémy LECOQ. Issue autant du théâtre que de la scène classique, Ophélia, armée de sa harpe et de sa voix, s’est vite entendue avec Jérémy, violoncelliste de formation, également bassiste et chanteur, amoureux également des mots et doté d’un chant de contreténor forcément détonnant. C’est dans cette volonté de se faire rencontrer les Arts que PARIS’CLICK (nom donné par le poète Fernando ARRABAL, auteur également de deux textes de l’album) est né et propose son premier album [RESET]. Fonctionnant comme un parfait binôme, les tâches sont équitablement réparties : Ophélia GRIMM, auteur des textes, est au chant et à la harpe et Jérémy LECOQ, compositeur, est au violoncelle, basse et au chant. Pour les soutenir musicalement, Kired Olivier DONGALA à la guitare et Kevin BEDEJUS à la batterie complètent le groupe…

Dès son premier titre, The Cold Song, PARIS’CLICK surprend en proposant rien de moins qu’une reprise de PURCELL, popularisée en son temps par Klaus NOMI… Evidemment, nous retrouvons ses vocalises célèbres, au fameux phrasé saccadé. Véritable exercice de style, LECOQ s’en sort honorablement, même si son timbre lyrique montre des limites techniques. Musicalement, c’est plus intéressant : sobre et moderne, les arrangements sont très bien réalisés.

Une musique libérée

Un titre d’ouverture osé qui se poursuit sur le véritable premier morceau du groupe, Genesis. La musique présentée ici reflète leur volonté, celle d’une musique libérée : du point de vue vocal, c’est le mélange des genres qui est de rigueur : Ophélia chante autant qu’elle ne récite, avec sa belle voix grave, tandis que Jérémy alterne voix de tête lyrique et chant rock. Le tout fonctionne bien, même si l’on peut ne pas adhérer aux parties lyriques, pas forcément utiles. Musicalement, c’est du bon rock symphonique, justement amené par la harpe et le violoncelle. Un bon titre dans sa globalité qui montre déjà une personnalité certaine. Le Pacte se montre plus réussi, mieux agencé. Empreint d’une grande théâtralité, il impose son univers singulier avec panache, agrémenté de paroles bien troussées. Le duo imprime leur univers, véritable théâtre chanté. Reset continue dans cette voie, pouvant, à ce stade, autant fasciner que rebuter par ces partis pris. On ne peut leur reprocher leur volonté de vouloir proposer une musique différente !

Très Rock In Opposition dans l’âme

Comptine Du Soir Pour Des Ames En Vol, court morceau acoustique chant/harpe est un petit bijou de douceur, montrant un éventail d’émotion chez le duo… Mouton Panique change une nouvelle fois la donne. Très Rock In Opposition dans l’âme, volontairement décalé dans ses paroles, il n’est pas sans évoquer la musique de JACK DUPON ! Bercé par un vent de folie, il est parfait pour découvrir le groupe ! Desperados ! Revient à un environnement proche de Genesis, avec une harpe en première ligne et le falsetto de Jérémy en contre point. Un bon travail mais un peu en deçà du reste, contrairement au dernier titre, Nous Sommes Des Rats d’Egouts, mélange du RIO de Mouton Panique et d’un chant plus mélodique, dans un format plus chanson. Le tout fonctionne à merveille, sans esbroufe, avec une approche plus accessible de leur musique.

Un premier album plein de promesses

En 30 minutes à peine, PARIS’ CLICK nous livre un premier album plein de promesses. Fondé sur un duo complémentaire, leur musique, proche de la scène RIO, allie habilement chant et théâtre. Sans concession, elle risque de ne pas plaire à tout le monde, surtout avec le chant de Jérémy qui, il est vrai, peut irriter avec son lyrisme de contreténor. Mais bien distillé, ce
dernier peut être également un atout, surtout dans leur approche plus symphonique. Ce premier opus n’est pas parfait et sa courte durée l’empêche de se développer davantage. Néanmoins, les morceaux proposés, servis par une très bonne production, montrent déjà une réelle personnalité et de bonne choses, comme la voix d’Ophélia, sa harpe ou encore le violoncelle de Jérémy, apportant un son très intéressant à l’ensemble. Une bonne découverte pour un groupe
singulier à suivre…

(***1/2)
Axel SCHEYDER, pour Highlands Magazine

Share This